mercredi 15 novembre 2017

mercredi 18 octobre 2017

Migration







La mer me retire lentement de la plage. J'ondule allongée sur le ventre. 
Vagues et soubresauts. 
Je lâche terre, offerte dans toute ma langueur.
En extension, un mètre soixante plus les bras, je suis un trait, face au rivage, un point. 
Je file en douce. 

Mémorise la côte au cas où.
Demain je serai loin.
Échouée au large, je trouverai les bleus, que je cherchais nageant,
 et l’amie éloignée avant moi.
Traversée d’eau, engloutie, j’échappe au paysage. Indemne.
Nulle trace de mon abandon. Étale et place nette.


Nicole Guidi/Octobre 2017























Migration suite





















samedi 14 octobre 2017

samedi 7 octobre 2017

absences








Soudain le manque, l'encre absente. La césure est nette, le plus souvent.
Nulle trace de gomme, nulle réserve. Place au rien. Néant.
Ou espace ? Ou l'espace comme signe ? 

Blanc sur noir. Lacune dans le graphisme. reste, beau reste, le dessin, cosa mentale. Car la phrase poursuit son chemin dérobé au regard. Un trait, elle surgit à nouveau, plus loin, plus tard. Je griffe le papier, j'embrouille. Noir sur blanc.

Tu doutes : perte de contrôle, l'esprit s'égare, le regard se perd et la main ne suit plus, ou ellipse, le geste mort-né a été pensé, la rupture préméditée, les vides anticipés pour tenir le tout. 
Mystère et bout de gomme. L’œil joue sa partie. La perception est troublée, elle cherche à se fixer. Combler les manques selon les indices déposés en amont ou les lire associés dans une ligne, écriture blanche, héroïne de la page ? Choisis ! 
Je n'attends pas, la peinture m'appelle, j'imagine la couleur.

Nicole Guidi-Septembre 2017.





















Phomontage numérique-couverture du livret Absences (parution automne 2017)